16 oct 2007
N’ayez pas peur.
Voilà trois jours à peine que No Press est en ligne. Et que de réactions. Que de critiques. Quelques soutiens. Et beaucoup de sceptiques. D’inquiets. Pourquoi, contre qui, contre quoi ?
No Press, c’est juste une idée. L’idée que l’Internet amateur est devenu tellement influent aujourd’hui, tellement hétérogène, anarchique et vaste, qu’il mérite d’être pris un peu plus au sérieux. Et pour cela devenir responsable. Se fédérer.
Un label ou pas de label. Un statut ou pas de statut. Une carte de blog ou pas de carte de blog. Peu nous importe en vérité. Tout ce que nous souhaitions en créant ce site, c’est agiter la toile et relancer le débat sur l’indépendance et la richesse des blogs. Un débat qui stagne depuis quelque temps déjà, mais que personne n’évoque vraiment. On peut dire que c’est fait.
1. On enfonce des portes ouvertes ? Peut-être. Mais pourquoi toutes ces réactions, alors ? Pourquoi un article sur Techcrunch, Pointbog, Accessoweb (et d’autres encore) quelques heures à peine après le lancement du site ? Il n’y aurait pas comme un besoin d’en parler, tout de même ?
2. Dire qu’on est libre, c’est perdre sa liberté ? Encore plus porter un label ou posséder une carte ? Et les journalistes, sont-ils moins libres parce qu’ils ont statut et une carte de presse ?
3. On ne peut pas comparer un journaliste et un blogueur ? Bien sûr que non. L’un est un métier. L’autre un amateur. Mais l’un et l’autre sont confrontés à des pressions extérieures, et doivent, s’ils veulent rester libres et indépendants défendre leurs droits.
4. Pourquoi un statut ? Les blogs ont déjà leur légitimité parce qu’ils sont nombreux ? Ils sont déjà libres et ne craignent rien ? Mais d’où vient cette peur soudaine, lorsqu’un site, venu de nulle part et anonyme, propose un label ? Ce n’est tout de même pas une proposition du gouvernement. Personne ne sera jamais obligé de participer à l’expérience. Et pourtant…
5. La pétition No Press n’est pas claire ? Effectivement. Elle est peut-être trop libre, justement, trop ouverte. Ce que nous souhaitons, c’est simplement pouvoir se compter, donner à tous ceux qui le souhaitent la possibilité de nous rejoindre, et de le dire.
N’ayez pas peur, personne n’est derrière ce site. À part deux blogueurs. Pas de buzz marketing ni de promo politique. Cherchez sur le site, il n’y a pas un seul lien. Pas une seule publicité. Et il n’y en aura jamais.
N’ayez pas peur, No Press n’a pas d’idée arrêtée. Nous ne voulons qu’engager le débat. Nous n’allons pas commencer à délivrer des statuts, faire des listes de blogs, sortir de louches partenariats.
N’ayez pas peur, No Press ce n’est pas un label sur les blogs autorisés et influents et la mise en retrait des autres.
N’ayez pas peur, No Press ne souhaite surtout pas la normalisation des blogs. Au contraire.
Mais qu’est-ce que No Press si ce n’est plus ni un label, ni un statut, ni une pétition ? No Press, c’est tout cela à la fois. Et c’est juste, en définitive, un moyen de dire que nous voulons des blogs de qualité dans leur diversité, que nous voulons rester libre, face à la presse, face aux politiques et surtout face aux annonceurs.
Montrer que nous sommes responsables. Que nous pouvons nous auto-gérer. Nous auto-organiser. Nous auto-responsabiliser. Se fédérer (autour de No Press ou ailleurs) c’est le meilleur moyen de couper l’herbe virtuelle sous le pied bien réel de ceux qui regardent nos blogs d’un mauvais oeil, d’un oeil envieux et méfiant. Si nous ne nous organisons pas nous-mêmes. On peut parier que d’autres le feront pour nous.
Avant qu’il soit trop tard, n’ayons pas peur !
Olivier et Yann





Merci pour cette mise au point qui me parait juste et judicieuse
Votre “N’ayez pas peur” me rappelle le “Faites-nous confiance” des Guignols
Mettre un label pour dire “je suis libre”? Etrange idée…
En fait, un tel label ne serait-il pas plus pertinent si il s’adressait aux blogueurs d’information ou à ceux que l’on a maladroitement appelé les “journalistes citoyens” de manière plus spécifique, plus qu’aux “blogueurs” en général ? (Dans ce cas de figure, effectivement, l’adoption d’une forme de charte, ou de règles déontologiques, pourrait prendre tous son sens)
Je viens de lire votre charte, tout cela est très confus. En gros vous voulez trouver un moyen de féderer les intervenant qui traitent l’information sur le web afin de gagner en qualité et d’assurer cette qualité aux lecteurs. Moi je vois ca comme le passage justement d’un statut d’amateur isolé à celui de pros ou semi pros (Quand on passe la moitié de son temps à rédiger ses textes, et qu’on en retire un revenu, même faible, c’est, betement, être semi professionel. le statut de professionel de l’information n’est pas un gage de qualité mais une qualification du statut, c’est tout. Ici Paris et France soir sont des torchons infames, mais leurs rédacteurs ont, pour la plupart, la carte de presse) fédérés en une entité unie, une sorte de “coopérative” du contenu. C’est, en gros, le principe de la presse avec sa carte de presse.
Là où je pense que la demarche “no-press” n’a pas de sens, c’est que la nuance entre un des rare “blogueur semi pro” (c’est à dire un mec qui mets de l’implication, de l’investigation et de la déontologie dans ces textes, qui permet le droit de reponse et qui assume ces erreurs quand elles surviennent. En gros, ces gens là sont rares mais existent) et un journaliste n’est pas si grande que ca. Devenir titulaire d’une carte de presse n’est pas infaisable. Un journaliste ne doit pas etre vus comme un superman qui sais tout de la géopolitique et qui sais rediger tous ces articles sans fautes de syntaxe et de grammaire. Non, un journaliste a pour seul engagemenet de respecter la cahrte qui edifie la carte de presse. Donc ne pas relater de fausses nouvelles, permettre le droit de réponse, vérifier ses infos aupres de sources fiables. Si l’on peux justifier d’un travail rédactionnel “serieux et appliqué” (évaluation par une commission) sur une periode de plusieurs mois, on peux demander l’obetention d’une carte de presse, et à ce titre acceder à un statut et une reconaissance qui facilitent cette activité et permettent d’être plus maître de ses propos (et moins craindre les influences). Ca permet aussi de cotiser a la retraite et ala secu, c’est pas plus mal.
En gros ce que vous demandez existe déjà, pourquoi vouloir réinventer la roue ? Parceque le media internet serait différent des autres ? C’est faux. Ce media est plus souple que les autres, mais ca n’est qu’un media, que l’on ne doit définir que par son contenu. Pour ma part, le web 2.0 et les blogs, ca n’existe pas. Il y a deux sortes de sites : les sites à contenu, et les sites a services. Pour ce qui est des sites à service, je peux admettre la notion de web 2.0, ok, et encore. le 2.0 touche surtout à al technique et n’apporte en fait pas grand chose de nouveau. Mais pour les sites à contenu, depuis le début du net, il y a toujours eu ceux qui sont fait avec serieux et un minimum de talent, et les autres : fait par dessus la jambe, a la va vite, avec des pubs de partout, pour rentrer du cash. Et ces sites là ne durent jamais très longtemps. Ca a toujours été comme ca, le net récompense deux choses : les bonnes idées (bien mises en place, combien de bons concepts tombent a l’eau a cause d’une mauvaise mise en place) et le contenu original. C’est pas demain que ca va changer, je ne m’inquiete donc pas pour les “bons bloggeurs”.
Par contre pour les mauvais bloggeurs, votre label est une occasion de plus de se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas (car tous leurs visiteurs ne savent pas les tenants et aboutissants de votre charte).
Donc en gros je pense que votre label est une mauvaise idée. Mais c’est au moins une idée, c’est mieux que de rester assis sur son tas de sable sans rien faire.